Prison de Fresnes – CNO

« Surveillant, surveillant ! Il y a une souris dans le box. ».
« Ne vous inquiétez pas. Mon collègue va venir l’écraser. ».
Jour ordinaire de visite aux prisonniers à Fresnes.

Fresnes et ses box de parloir d’1m20 sur 1m50, traversés au milieu par un muret à hauteur d’homme pour séparer le prisonnier du visiteur. Ses box à l’odeur nauséabonde. Ses box aux tabourets d’un autre âge. Ses box minuscules où théoriquement 3 visiteurs peuvent venir voir ensemble un détenu. Comment tenir à 4 dans si peu d’espace ? 
Fresnes
et ses parloirs de 30 minutes le samedi ou 45 minutes les jours de la semaine. Le détenu n’a le droit qu’à une visite par semaine. Possibilité d’avoir un double parloir (durée double), mais il doit en faire la demande par écrit et attendre l’éventuel accord de l’administration. Un double parloir en semaine ne signifie pas 90 minutes de suite entre le visiteur et le détenu. Ce serait si simple ! Non, à l’issue des 45 minutes, le détenu et le visiteur doivent quitter le parloir pour revenir avec les parloirs suivants. Pour le détenu, cela signifie une double fouille au corps. Et en cas d’urgence, pas question d’aller aux toilettes « Réservé au personnel ».
Fresnes
, c’est 1 651 places pour les prisonniers. Un millier de matons dit-on. Dans les allées à l’extérieur des murs d’enceinte, c’est des uniformes bleus partout. Ça grouille, de même à l’intérieur.
Fresnes
, pour certains c’est trois douches maximum par semaine, le mardi, jeudi et samedi. Même en été.

Fresnes, c’est l’interdiction des shorts, des débardeurs, des sandales.

Fresnes, c’est pour le prisonnier le droit au maximum de passer un coup de fil par mois, après autorisation.


Mais Fresnes c’est également le CNO, Centre National d’Observation
. Ce CNO qui est imposé par la loi sur la rétention de sûreté à tous les condamnés à perpétuité qui font une demande de libération conditionnelle. Cette loi, qui avait été déclarée non rétroactive par le conseil constitutionnel, s’applique déjà. Treize condamnés à perpétuité sont aujourd’hui à Fresnes pour que soit observée leur « dangerosité ». Parmi eux, Georges Cipriani et Régis Schleicher. Durant 6 semaines ils doivent accepter d’être « auditionnés » soit par le directeur de la prison ou un médecin du travail ou un psychologue ou un des deux psychiatres mandatés ou un représentant du Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation. Entre les audiences, qui durent d’une à deux heures, c’est l’attente, pendant plusieurs jours quelque fois, dans les conditions particulièrement dures de la prison de Fresnes. Pour les prisonniers politiques, il faut lors de ces audiences bien marquer son identité politique. Expliquer que son passé ne relève pas de la médecine. Pour Georges Ibrahim Abdallah qui sera au CNO de Fresnes à partir du 10 août, il faudra expliquer aux médecins et autres psychiatres l’histoire de la résistance arabe à l’invasion sioniste, l’histoire de la lutte du peuple palestinien, l’histoire des résistants libanais, que cette histoire ne relève pas de la médecine et leur expliquer l’illégitimité de leurs examens.

Encore et toujours nous appelons à la vigilance sur la situation des camarades convoqués par le CNO et à la mobilisation contre cette loi.

Libération de tous les prisonniers politiques !
Abolition de la loi sur la rétention de sûreté !
La prison détruit, détruisons la prison !

Article publié le 24 juillet 2008 sur http://liberonsgeorges.over-blog.com

Plus d’informations sur le CNO et la loi sur la rétention de sûreté : Ici